• À LA DÉCOUVERTE DU NOROESTE (suite VIII)

     

    IRUYA 

    À LA DÉCOUVERTE DU NOROESTE (suite VIII)

     

           Nous quittons Tilcara pour Iruya. Nous traversons les villages de Huacalera, sans voir le monument du tropique du Capricorne, et de Humahuaca, où nous dormirons au retour.

             En revanche, nous nous arrêtons devant un mémorial, en forme de voile au Cerro Yacoraite aux violentes et splendides couleurs. Carlos Snopek[1], gouverneur bienfaiteur de la province de Jujuy, et sa femme se sont tués dans un accident de voiture à cet endroit, le 9 juin 1991.

    « Les villages de la Quebrada et de la Puna à ceux qui ont offert leur vie au service des plus défavorisés ».

           

    À LA DÉCOUVERTE DU NOROESTE (suite VIII)

             

             À 70 km environ de Tilcara, nous laissons la belle RN 9 pour nous engager sur la redoutable piste de 47 km qui conduit à Iruya.

             La piste est impressionnante. À flanc de montagne, elle serpente en dessinant plusieurs virages en épingle à cheveux. Le bus et les deux ou trois voitures qui la suivent semblent avancer en sens inverse. L'effet est saisissant. Nous embarquons une poussière pas possible et les cahots sont tels que je les ressens des mollets aux épaules. J'ai l'impression, comme dans un film avec Bourvil et de Funès, que la voiture va se décarcasser en différentes pièces qui retomberont à terre. Heureusement, nous nous arrêtons parfois pour jouir du paysage et prendre des photos. Iruya est au bout du monde, si bien que nous ne pouvons que revenir par le même chemin. Mais la beauté du paysage et le parcours de la piste participent grandement à l'intérêt d'y aller. À mi-chemin nous franchissons le col de l'Abra del Condor à 4000 m (notre 3ème col à 4000 m), limite entre les provinces de Jujuy et de Salta.

                                              

    À LA DÉCOUVERTE DU NOROESTE (suite VIII)

     

             Des cantonniers consolident la piste. Nous traversons le rio, où coule de l'eau dans sa partie centrale, six à sept fois. Nous ne sommes pas dans un 4 x 4, qui serait sans doute plus confortable et sutout plus haut, pour parcourir sans risque les étroits cours d'eau du rio. Bientôt nous apercevons Iruya, reconnaissable à son église du 18e siècle, jaune à toit bleu, au fond, immuable.

                                                

    À LA DÉCOUVERTE DU NOROESTE (suite VIII)

     

             Le village, aux ruelles pavées très pentues et aux maisons en adobe serrées les unes contre les autres, est à 2780 m d'altitude et beaucoup de sommets le dominent. Nous observons des voitures qui prennent le chemin du rio, pour couper court aux ruelles, vite encombrées, menant à l'église. Nous ferons de même au retour. C'est tellement fou de circuler dans un rio, dont nous savons qu’il se déchaîne à la saison des pluies.

                                           

    À LA DÉCOUVERTE DU NOROESTE (suite VIII)

      

             Une passerelle enjambe le rio presque à sec. Un âne noir s'y repose. Notre hôtel, tout en haut du village, figure sur l'avant-dernière photo du montage. Notre chambre y est la dernière : ce qui ne se voit pas forcément est le décor de la tête du lit, peint en noir, incluant une planche de bois de cactus.

                

    À LA DÉCOUVERTE DU NOROESTE (suite VIII)

      

             Nous avons mis 2 heures 1/2 à l'aller, pour 47 km et 2 heures au retour. Iruya marque le point le plus au nord de notre périple. Encore que, pas tout à fait. Demain nous retournerons vers Salta, mais auparavant en retrouvant la RN 9, si lisse, après la piste, nous la remonterons sur une quarantaine de km jusqu'à Tres Cruces.

     

     

     

     

     

     


    [1] Carlos Snopek, gouverneur de la province a lancé de nombreux programmes relatifs à l'amélioration des conditions de vie des plus défavorisés.  Connu aujourd'hui comme "l'ingénieur", il a mené à leur terme de nombreux travaux d'utilité publique, bâtiments scolaires, ponts, routes, hôpitaux, postes de santé, milliers de maisons, construction d'une grande partie de la route vers le Paso de Jama, structures pour la fourniture d'électricité, d'eau potable dans les endroits les plus éloignés de la Puna et la Quebrada de Humahuaca.