• CHRONIQUE CHILIENNE II

     

    — l’île de Chiloé —

     

    Location d’une voiture.

    Les deux boutiques de location de voitures (un local de 1m/2 avec un petit guichet) du centre commercial de Puerto Montt n’ont pas de voiture disponible. En se promenant sur le bord de mer, Patrick, avise une affichette collée sur une échoppe, vendant barres chocolatées, cigarettes, gâteaux ... proposant une location de voiture. À la demande de Patrick, la vendeuse téléphone au détenteur de l’annonce. Arrive un Chilien, corpulent et jovial qui nous emmène dans son officine. Patrick discute (le prix) et nous signons un contrat pour trois jours (du 11 au 13 août — pour petit supplément il nous laissera la voiture jusqu’au 14 au matin, où on passera le prendre à son bureau, direction l’aéroport).

     

    CHRONIQUE CHILIENNE II

     

    L’île de Chiloé

    200 km de long sur 50 km de large. Ses premiers habitants, les Chono sont des pêcheurs. Envahis par les Mapuche, ils composent la population que découvrent les conquistadores espagnols en 1553. Les Jésuistes s’installent dans l’île et bâtissent de nombreuse églises en bois au XVIIIe siècle, dont seize d’entre elles sont inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco.

    Histoire houleuse, isolement, brumes et légendes ont façonné les Chilotes, de caractère indépendant, gardiens d’une riche culture préservée.

    La pêche et l’élevage des coquillages forment une de leurs activités principales, à laquelle s’ajoutent différentes cultures, dont celle des pommes de terre (pratiquées par les indigènes bien avant l’arrivée des Espagnols). Il en existerait une centaine d’espèces de toutes formes (rondes ou allongées) et de toutes couleurs (rouge et bleu). Tissage et vannerie sont réputés.

    Sous une pluie battante, nous partons prendre le ferry qui nous emmène à Chiloé.

     

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     ANCUD

    Ancienne capitale, jusqu’en 1982, c’est la première ville où nous nous arrêtons pour déjeuner au restaurant « le Kuranton » célèbre pour la spécialité de Chiloé « le Curanton ». À l’origine il est préparé dans un four creusé dans la terre ; y sont entassés moules, palourdes,  morceaux de poulet, de porc, des saucisses et des galettes de pomme de terre.                             

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    La pluie a cessé, nous marchons un peu avant de partir pour l’actuelle capitale de l’île, à 85 km d’Ancud.                  

    Castro

    La recherche d’un hôtel dans une ville inconnue, dont une rue sur deux est en sens unique, est toujours un exercice difficile, que l’on connaisse le nom de l’hôtel ou non. En l’occurence, on n’a jamais trouvé celui que l’on cherchait. On a fini par en trouver un, garer la  voiture et partir à pied à la découverte de Castro.

    Tous les centres des villes portent le nom de Plaza de Armas (place des armes, que l’on y déposait dans le temps). L’édifice le plus important sur cette place est la cathédrale. Là voilà, la Catedral San Francisco. Jaune vif et violet à recouvrement de plaques de tôles et de bois, tejuelas à l’extérieur et en bois à l’intérieur. Les colonnes de la nef sont faites d’un tronc central, relativement quelconque, recouvert d’un placage de bois.  

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     Quant à ces sortes de tuiles, les tejuelas, elles « n’exposent au regard qu’un tiers de leur longueur et se recouvrent si parfaitement qu’elles protègent les toitures des fortes pluies de la région.» (Gallimard). De couleurs nombreuses et de formes différentes, elles tapissent aussi les façades des maisons, qu’elles soient ou non sur pilotis.

                          

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    Après Puerto Montt, nous sommes surpris de découvrir toutes sortes de boutiques dans les rues bien entretenues du centre ville. Celles qui descendent vers le port sont très pentues et relayées parfois par des escaliers.

    Du côté rue, les maisons de pêcheurs sur pilotis, los palafitos, s’ouvrent sur un jardinet que ferme une barrière.

     

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    Les pilotis sont visibles côté rio ou bras de mer.

    Les palafitos se concentrent en deux endroits, à l’entrée nord de la ville sur le rio Gamboa, et la sortie sud.

                            

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    On peut voir les plus beaux sur un bras de mer, depuis une petite place.

                                    

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    Nous reprenons la voiture le lendemain, pour remonter le long de la côte à la recherche de quelques églises en bois.

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    DALCAHUE

    Il y a de nombreux bateaux de pêche à Dalcahue. Son nom signifie,  l’endroit des dalcas. Ce sont des chaloupes construites par les premiers habitants de Chiloé, qui étaient essentiellement des marins. Nous en apercevons un par une porte entrebaillée du musée fermé.

    C’est un bateau cousu, de 10 m de long, formé de trois planches assemblées à l’aide de liens.

     

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    Son église en bois d’alerce est une des plus belles de l’île, d’après les guides. Elle est en cours de restauration. Nous sommes le 12 août et elle ouvrira pour le 15 août. 

     

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     Dommage que le bateau « El Cauquil » qui orne la petite place près de l’église ne soit pas un dalca  ! 

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    TENAUN

    Nous découvrons Tenaun au sortir d’un chemin boisé. Nous avons bien remarqué qu’il faisait beau, mais nous ne nous attendions à cette vue. La ville est bâtie sur une extrémité qui s’avance vers l’est, sur le golfe d’Ancud. Émerveillés, nous contemplons le bras de mer bleu, une île en face et au fond la cordillère des Andes, aux sommets enneigés se détachant sur le ciel bleu. Le Calbuco, le volcan qui domine Puerto Montt du haut de ses 2000 m, que nous n’avions pas encore vu, celui qui s’est réveillé en avril dernier, en crachant des cendres, est là devant nous, au loin, ainsi que le volcan Osorno, 2642 m.

    À peine la voiture arrêtée, nous en sortons rapidement, craignant sans doute que cette magnifique vision ne disparaisse.

     

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    Nous nous dirigeons vers l’église, plus bleue encore que le ciel. Elle est étonnante avec ses deux étoiles sur son fronton. Nous ne pourrons pas la visiter, la personne détenant la clé est partie déjeuner. Nous ne pouvons pas l’attendre.

                                      

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    Il nous reste de la route à faire pour rentrer. Elle passe assez vite, tant le spectacle de ces sommets, si soudainement découverts, me fascine. Il n’est jamais facile de sortir des villes, ni d’y entrer, nous entrons dans Puerto Montt, après bien des difficultés, au plus fort de la circulation du soir. Au bout d’une route pleine de voitures, la dominant dans toute sa largeur, surgit le Calbuco, teinté de rose par le soleil couchant. Très beau !

     

    (à suivre : le lago LLANQUIHUE )